Publié par : Sarita | avril 12, 2008

Le bruit et la fureur

Etretat

Etretat, avril 2007

Voilà j’ai changé mon billet d’avion.

j’ai oublié de commencé ce texte par une belle introduction

C’est officiel, je partirai du Mexique le 9 janvier 2009 pour arriver aux aurores le 10 janvier dans notre belle capitale.

Cela va faire trois mois quasi jour pour jour que je suis ici.

J’ai oublié de vous prévenir que je m’apperçois que dans ma vie,

J’ai oublié pas mal de chose si vous voulez mon avis.

Mon déménagement brutal m’a vraiment complètement destabilisé, moi qui pensais avoir défait ma valise pour un an, voilà que je me suis retrouvé, dans la panique, à refaire mes paquets, à trouver un autre endroit, un lit, un toit, de retrouver de nouveau mon chemin dans cette ville qui soudain est redevenue vide et froide.

Alors que pour la énième fois cette semaine je trompais de bus, de route, de mots…

J’ai eu l’impression de m’être trompé de vie, de sans cesse m’éloigner des gens que j’aime… de vouloir à tout prix souffrir. De ne pouvoir me sentir vivante que dans le drame, le déracinement.

J’étais là, perdu dans cette ville devenue en un instant hostile et inamicale… Le soleil me poursuivait, j’étais perdue sûr cette avenue sans ombre.

J’aurais voulu pleurer mais les 40° et la poussière vous brulent les orbites de manière plus certaine que des charbons ardents.

Je ne sais pas, je ne sais plus après quoi je cours de manière frénétique. Malgré tout ce que je peux faire de bien dans ma vie, malgré tous les compliments que l’on peut me faire sur mes choix, je n’ai jamais eu l’impression d’avoir le choix.

Mais quand je regarde derrière moi parfois j’ai le souffle court.

J’ai traversé les années plus vite qu’on passe un péage.

J’ai oublié de prendre le temps de voir passer les nuages.

Ce voyage est-il un véritable choix? Je n’en suis pas si sûr, j’ai juste été élevé comme cela, les voyages et l’éloignement permanent font partie de ma vie.

J’ai fait mes premiers pas dans un aéroport en Afrique pour rejoindre un point invisible que seule moi pouvait voir.

A partir de là, mon destin était tracé pour être une errance

Ne me parlez pas de courage de partir, je n’y suis pour rien, je ne fais que suivre cette infernale machine au creux de mon ventre qui me pousse à aller toujours plus loin, plus longtemps…

J’ai oublié d’imaginer de quoi seront faites les années prochaines,

et quand on me parle de l’avenir, j’ai tendance à changer de chaîne.

D’être constamment en mouvement, de vouloir le calme et de tout faire pour ne jamais y accéder est la meilleur manière de traverser la vie de façon superficielle et égoïste, de sacrifier avec légèreté les gens, les projets…

Le bruit et la fureur couvre mes angoisses d’avenir

l’alcool et la cigarette masquent mes souffrances

La séduction et les sourires enjôleurs éloignent la solitude affective que j’ai choisie

Le rire couvre mon instabilité

L’espagnol m’empêche de me plaindre

Et Faulkner me donne le titre de ce post.

Et Grand Corps Malade m’aide à combler le vide de ce que je n’arrive même plus à expliquer et à comprendre.

J’ai oublié d’ouvrir les veines quand la coupe était pleine.

A ce putain de texte, j’ai oublié de trouver une chute.

Comme un cascadeur qui saute d’un avion sans parachute.

Trouvez moi un filet de sécurité ou je vais m’écraser en plein vol.

L’agitation permanente est mon ultime rempart avant de me bruler au soleil tel Icare perdu dans sa folie.

J’ai oublié d’écrire ce que je crois et ce que je pense vraiment.

J’ai oublié de croire à ce que j’écris machinalement.

Mais finalement c’est peut être mieux car se rappeler c’est subir.

Je ne veux même pas être heureuse, je voudrais juste être encore plus malheureuse, encore plus blessée, déchirée, immolée.


J’ai l’impression de me mettre à poil depuis bientôt un quart d’heure.

Sur ce coup là j’ai oublié de garder pas mal de pudeur.

Je voudrais avoir une bonne excuse pour écrire ces mots, je voudrais encore plus de drame, de larmes, de sang, de cris.

Je voudrais être orpheline, maltraitée, humiliée dans un pays en guerre pour avoir une bonne raison de me plaindre.

Je n’aime que ce qui est détruit, abimé. J’aime les plaies ouvertes, les regards tristes, les cicatrices, la misère humaine, l’âme torve.

Je me délecte du grand vide devant moi, ce délicieux frisson du vertige.

Combien d’heures j’ai pu passer où au bord d’une falaise sachant qu’en avançant d’un pas je sombrerais, que mon pauvre cerveau volerait en éclat et que je nourrirais les mouettes.

J’ai oublié des tas de sujets, vous avez compris le concept.

Alors pour pas trop vous saoûler, je vais m’arrêter d’un coup sec.

Publicités

Responses

  1. Bouououououououh…
    Tiens, je te donne une mission pour aujourd’hui : profiter du soleil pour moi, même s’il est trop chaud.
    Bisous ma belle.

  2. Allez j’ai plus d’adresses que d’années! Forcément ca bouscule un peu l’idée de racine et de chez soi, mais ca n’a pas que de mauvais côtés quand on y repense après coup! Courage!

  3. des bises miss… je t’envoie un mail bientôt pour te montrer que le père noël existe encore… si si, moi non plus j’y croyais plus.
    Et demain, change toi les idées en bonne compagnie 😉

  4. Je ne sais trop que dire mais… très jolis textes (le tien et celui de GCM). Des bises!

  5. J’aime pas qu’on aille à Etretat sans moi. Mais j’aime bien y aller avec toi.

  6. Tous ces voyages, ces changements d’itinéraires vont forcément t’amener quelque part et vers quelqu’un. Tu t’en approches, c’est sûr, mais comme pour l’instant tu ne vois toujours rien, alors tu souffres, c’est humain.

  7. whaaaw…j’adore ce texte !

  8. Sarita, moi je t’offre un verre pour oublier ta tristesse ! ou 2… ou 3.. jusqu’à rouler par terre s’il le faut !

  9. Je pense bien à toi. Tu me manques…


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :