Publié par : Sarita | février 17, 2008

La piqûre de rappel

Un jour j’ai lu je ne sais où l’histoire d’un français (ou peut être pas d’ailleurs) parti vivre en Inde au milieu des plus pauvres.
Il était décidé de manger autant qu’eux, c’est à dire un peu près rien. Il expliquait qu’il avait fini par s’habituer à la faim, qu’à force de privation, le corps intègre cette souffrance comme un élément naturel de la vie.Cependant, cela n’était supportable que tant qu’il restait dans ce manque constant. Un jour pourtant, sa famille lui a envoyé un colis de nourriture. Il l’a donné à une famille, mais qui ne voulait pas y toucher si lui aussi ne mangeait pas avec eux.
Mais le simple fait de goûter de nouveau à la nourriture a été le plus terrible, réveillant sa faim… la simple saveur des aliments étant la plus cruelle des tortures.

Fragonard, le baiser à la dérobée

Cette anecdote m’est revenue du fond de ma mémoire, sur le chemin de retour, dans une voiture, au milieu de la ville endormie.

Depuis un mois, je vivais avec le manque, le manque du corps de l’autre, le manque de la caresse d’une main sur la peau et cela me convenait. Je me contentait de l’abrazo mexicain.

Et puis,

Et puis…

Fin de la soirée, on est quatre sur le lit à regarder un film… on bouge, on se colle, on se cale, on s’emboite, une jambe par là, un bras qui traine…

Et là, un souffle près de mon épaule, un bras contre mon bras, des frôlements, des chatouilles pourtant bien amicales ont réveillé ce manque tapie au creux de mon ventre.
J’avais réussi à oublier que cela me manquait tant, j’avais oublié à quel point je voulais m’endormir dans ses bras.
Le manque, le désir m’ont poignardé si brutalement que j’en ai suffoquée.
Au bout d’un moment j’ai du m’extirper de ce magma de chaires, de cet amoncellement de peau, c’était un peu trop humain pour moi. Il fallait que je retourne à ma bulle aseptisée de la solitude.

mais trop tard,le mal était fait.

Le manque est là

et j’ai mal.

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Responses

  1. Je reconnais ce sentiment que l’on a tous eu à un moment ou un autre… Sinon, pas besoin d’être jalouse, ça doit être une question de jours (et puis on peut se le partager ^^)

  2. le seul remède à ce manque…multiplier los abrazos y los besos mexicanos y dar todo el amor que tienes aqui dentro…ayundando a los demas…

    chez nous ce qui nous manque terriblement c’est cette personnalité si complexe qui change de couleurs de cheveux tous les ans, qui n’a pas peur de braver le froid parisien en vélo pour aller à l’autre bout de la ville juste pour nous voir…nous…qui t’aimons tant…et qui souhaitons te serrer fort dans nos bras pour te combler de ce manque…

  3. Courage, parce que qu’on croit qu’on s’y habitue à ce manque, mais en fait… pas vraiment.
    Je te serre fort fort dans mes bras par clavier interposé ! (ça compense pas, oui je sais ^^)

  4. Chaires au pluriel sont les lieux où se dit la Parole; Chairs, c’est ce qui trouble l’âme…

  5. on s’y habitue jusqu’à… vi c’est bien vrai.
    Y’a des jours où ça se réveille.

    Bises et compte les jours, histoire de détourner la pensée 😉

    1…2…3…4… …

  6. J’aime beaucoup ce texte.
    Et l’oeuvre de fragonnard waaa

  7. Moi aussi ça me manque.
    toi aussi tu me manque.
    Pourtant ça ira, ma belle.
    Tu verra.
    Je t’aime fort

  8. Moi je veux bien t’envoyer un kougelhopf si tu me donnes ton adresse postale… Ce n’est pas grand chose mais comme le dit Souchon, « c’est déjà ça » ! Pis je suis sûre que tu feras des envieux parce que des kougelhopfs au Mexique ça doit pas courir les rues (si si un kougelhopf ça court)…

  9. Ma jolie, je ne sais que te dire… Si ce n’est que… bientôt… et ca passera… peut-être… un peu. Courage!

  10. beau texte…


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