Sarita on the Web from MeXiCo

le blog qui a la cirrhose joyeuse

Fuck beauty contest février 14, 2008

Classé dans : hospital regional, voyage intérieur — Sarita @ 8:29

Life is one fucking beauty contest after an other: the school, the collège then work!

Do what you want and fuck the rest !!

Extrait de Little Miss Sunshine
Et oui la vie est un putain concours de beauté, concours permanent où le vainqueur peut se fracasser le lendemain. Nous faisons tous les beaux pour mieux nous vendre. Mais la vie nous rattrape et rien ni personne ne peut empêcher la souffrance d’être seul, d’être mal aimé, en manque de tout ou comblé.

Rien, pas même les étranges directives d’un lycée de Stockolm.

Morceaux choisis:

Un collège de Stockholm a décidé d’interdire la vente de roses dans l’établissement le jour de la Saint-Valentin pour ne pas chagriner les élèves privés d’amoureux.

Nous avons cessé de vendre des roses (…) car certains élèves pouvaient recevoir des dizaines de roses et d’autres aucune”, a expliqué à l’AFP le proviseur adjoint du collège Gärdes à Stockholm, Lars Wikander.

Selon lui, les élèves auxquels on n’offrait aucune rose, pouvaient se sentir exclus et souffraient “de ne recevoir aucune forme d’attention tout au long de cette journée particulière”.

M. Wikander a estimé que “dans le meilleur des monde, chacun devrait recevoir une rose le jour de la Saint-Valentin”

J’ai envie de dire que cela part d’un bon sentiment mais d’aucun dirait que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

En même temps, c’est bien connu, interdire quelque chose va forcément éviter la souffrance.
De ne pas pouvoir acheter de roses à l’intérieur de l’établissement va changer le fait que lorsque t’es pas considérée comme la bombasse de service, t’auras pas de roses et puis un point c’est tout…
C’est vrai que ça va tout changer quand la bombasse de service sub-mentionnée arrivera le lendemain à l’école en faisant l’étalage de tous ces cadeaux et de toutes ces attentions…

Fuck beauty contest

Aujourd’hui, j’ai passé la journée avec des gamins qui venaient se faire opérer pour la première ou deuxième fois de leurs becs de lièvre. Et cela dans le cadre d’une campagne menée par l’Hôpital Général Régional de Tuxtla (là où je fais mon projet).

Et je te jure que ces gamins, ils vont en chier dans le concours de beauté de la vie.

Do what you want and fuck the rest
 

Anatomie de l’invisible février 4, 2008

Classé dans : Du volontariat, voyage intérieur — Sarita @ 3:26
Mirò, La danseuse (1925)
Partir comme volontaire c’est avant tout chose abandonner son statut de touriste.Au premier abord, cela semble être ce à quoi tout le monde aspire. Ne pas être considéré comme un touriste dans un pays étranger, c’est le désir de la plupart des gens qui tentent de passer un certain temps dans un pays. Rien ne fait plus plaisir que lorsque l’on commence à se fondre dans le paysage, à devenir partie du décor, d’une ville, d’une rue…

Lorsqu’on est enfin apprivoisé par notre environnement… l’abandon du touriste qui est en nous ne peut passer que par une seule chose, la routine. Cette routine si souvent synonyme d’ennui, de paresse, de petitesse, de médiocrité. En effet, traditionnellement, ceux qui combatte la routine sont les vainqueurs, les glorieux guerriers du quotidien, les nouveaux aventuriers qui pourfendent nos mesquines et rassurantes habitudes.

Mais en terre étrangère, l’adaptation passe par la création d’une routine: un travail, les transports, les repas, les lieux familiers… Cette routine est notre protection, c’est une ouate qui nous isole des coups durs et des petits désagréments.
Le touriste aspire au changement constant de décors, d’odeurs, de saveurs, de gens… il en veut toujours plus. C’est un chien en chasse du meilleur point de vue, du plus beau belvédère.
Celui qui reste veut un même décor, des gens de confiance, veut pouvoir se repérer dans son espace, veut faire son trou.
Celui qui reste veut être libre de ses mouvements et de son temps… pouvoir ne pas sortir, ni s’arrêter devant le lieu touristique.
Celui qui reste n’a pas de sac à dos, il a un téléphone portable du pays.
Celui qui reste peut arpenter la route poussiéreuse et voir les camions colorés avec indifférence.

Mais c’est alors que celui qui reste veut parfois redevenir touriste, redevenir celui qui a toujours le regard sur la prochaine destination, celui qui a toujours un billet de train, de bus, d’avion dans la poche.
Celui qui reste aimerait bien parfois être celui qui va découvrir un nouveau soleil, un nouvel horizon, un nouveau lit et des nouveaux sourire.

En tant que volontaire, je suis celui qui reste.
Depuis deux semaines, je construis ma routine à Tuxtla, je creuse ma route dans la chaleur des bus et dans les méandres bureaucratiques: mon projet, mon compte en banque, mon visa de travail…

Pourtant, comment ne pas vouloir aussi être celui qui part, le touriste sur la route. Non je ne suis pas en vacances ici, j’ai des contraintes d’engagement, je n’ai “que” 4 semaines de vacances à prendre d’ici décembre…

Je ne verrais donc pas le carnaval de Véracruz qui commence aujourd’hui,
je ne verrais sûrement pas toutes les plus belles plages du Mexique,
je n’irais probablement pas jusqu’à la frontière américaine.
pourtant….
dans ma ville de 900 000 habitants,
dans l’hôpital où je vais travailler,j’aurais la frustration de perdre la beauté d’un voyage,
j’aurais le bonheur de connaître l’invisible,
l’invisible qui ne se découvre que si l’on est celui qui reste.
 

Le choc des cultures n’a pas eu lieu… janvier 29, 2008

Classé dans : choc des cultures, voyage intérieur — Sarita @ 1:18

Quand vous partez avec Jeunesse et Recontruction, quand vous arrivez avec Sijuve, vous avez le droit au super “breffing culturel”. C’est à dire qu’on vous prépare au choc culturel, on vous fait quasiment un lavage de cerveau pour aplanir les futures difficultées liées à l’incompréhention sociologique.

On vous fait répéter religieusement les mot “adaptation“, “préjugés européens“. On vous matraque, graphiques à l’appui, que telle semaine vous allez être ivre de joie et que quelques semaines plus tard vous serez au fond du gouffre…Les membres de l’association mexicaine vous expliquent que les mexicains sont catholiques, machistes et conservateurs… tout en affirmant (sans craindre de se contredire complètement) que si vous pensez cela, c’est que vous être bourrés de préjugés…

Mais la vérité profonde est que toute les préparations du monde ne servent à rien. Tout d’abord parce que les gens qui vous font ces préparations sont tout aussi subjectifs que vous pouvez l’être et tout aussi emprisonnés dans leur vision propre du monde… Et ce, malgré toute l’ouverture d’esprit dont chacun tente de faire preuve.

Mais la préparation s’avère alors complètement inefficace lorsque, comme moi, vous avez déjà vécu dans le pays et qu’en plus vous tombez dans une famille composée d’un mère célibataire protestante et divorcée depuis 20 ans, travaillant dans le micro crédit, qui donne des cours d’éducation sexuelle et dont les fils vous servent votre petit déjeuner…

Mais finalement le plus troublant, c’est cette impression de bien être. J’ai vécu trois ans au Mexique, je suis revenue en France pour mon CM2 et Dieu seul sait à quel point j’ai pu haïr les années suivant mon retour, mais comme tout, on s’y fait. On se fait surtout à ce que l’on déteste le plus.

Et le plus honnêtement du monde, je dois reconnaitre une chose, c’est que je n’aime pas la France et que fondamentalement je ne l’ai jamais aimée.
Elle et moi avons fini par cohabiter pacifiquement, comme deux vieux ennemis qui, de guerre lasse, se sert la main. Nous avons même fini par reconnaitre nos bon cotés et nos qualités, mais c’était plutôt un mariage de raison.

J’ai continué de grandir en France dans une maison dont chaque objet, chaque expression familiale, chaque étrangeté ne faisaient que me renvoyer au Mexique.

J’ai grandit avec el dia de los muertos, la cajeta, les azuleros, les meubles d’Olinala, les mariachis, las mananitas…

La dernière fois que j’ai été au Mexique c’était il y a 8 ans et j’y retrouvais mes premières amours…Je suis ici…

Et l’idée qui me vient à l’esprit alors que je suis assise dans le patio est la plus simple et la évidente qui soit:


“je suis enfin de retour à la maison…”

Et soudain toutes ces années en France me sont apparue comme des années d’errances, un long voyage, avant de poser enfin mes valises là où mon coeur est toujours resté.

Et contrairement à Ulysse qui, après son long voyage, a retrouvé sa terre et les siens…Ce sentiment ne fait que confirmer ce que je savais déjà depuis bien longtemps: ma destinée sera toujours de choisir entre les gens que j’aime et mon vrai pays… mais je n’aurai jamais les deux.