Sarita on the Web from MeXiCo

le blog qui a la cirrhose joyeuse

On my mind avril 8, 2008

Classé dans : solamente coquetear — Sarita @ 2:53

Gueule d’Ange fait un retour en force…

Les derniers jours ont été pesants à souhait, je déménage à l’autre bout de la ville, je n’ai plus d’internet… autant dire que je suis d’une humeur exécrable.

Alors, je soupire d’aise quand Gueule d’Ange m’accueille avec ses yeux rieurs et son sourir tellement naturel que-je-me-liquéfie-dès-qu-il-me-regarde.

Je le laisse me diriger comme une petite fille: il décide de la table où nous placer, il choisi ma commande. C’est parfait, je me laisse bercer, je n’ai aucune envie de prendre une décision, si insignifiante soit elle.

Je suis à ma table, mes amis tiennent le crachoire

Pour une fois, je ne parle pas

Je souris bêtement quand on me parle

Je hoche la tête

Je vis

Je sens

Je me laisse porter par la fraîcheur relative de la nuit

Je suis dans la position la plus confortable qui soit, celle d’observatrice

Je suis du regard Gueule d’Ange

Je suis fasciné par le ballet qu’il joue avec son frère, la valse des bières, des verres, le rythme des additions.

Et toujours ce sourire, il sourit à tout le monde, il répond à tout le monde, il fait la bise, il sert des mains, parfois il s’accroupit près d’une table et écoute les clients pour partir d’un immense éclat de rire puis bondit de nouveau sur ses jambes comme un pantin possédé, ajuste sa casquette et repart dans sa valse à mille temps.

G. Philippe, une autre gueule d\'ange

(photo non contractuelle)

Dès qu’on manque de pop corn, de chips, on me pousse du coude en riant : “demande à ton novio“. Tuxtla est une petite ville et tout le monde se connait… donc je sais que Gueule d’Ange a demandé après moi les dernières fois où je n’étais pas là…

Et tout comme la dernière fois, s’approche de nous un vendeur de rose et d’autorité me place son bouquet de 5 roses devant le nez.

Par automatisme je secoue la tête

il insiste

mais j’en veux pas de ses roses moi… Gueule d’Ange m’a offert ma première rose et je n’en veux pas d’autre

Une amie lance en riant: “elle ne veut pas de roses, elle est alergique”

Tout à fait, je suis allergique, je me met à éternuer et je fais mes yeux de cocker en refusant, avec des sanglots dans la voix.

Il persiste et signe pour que je les prennent

je veux pas….

Je ne comprend pas cette insistance

Le vendeur m’explique: “mais mademoiselle, elles sont déjà payées et je dois vous les donner.”

Par un mouvement de coordination spontanée assez magnifique, la tablée entière se retourne immédiatement en direction de Gueule d’ange. Après une minute de réflexion, le pauvre vendeur se retrouve à subir LA Question… pressé de partout de dire qui me les offre.

Le pauvre bougre avoue (sans trop de résistance…) qu’il s’agit du serveur.

RE-mouvement d’ensemble de la tablée en direction de Geule d’ange avec en prime hurlements hystériques des filles…

Mais moi je ne dit toujours rien, je suis avec mes roses en main… Gueule d’ange s’approche de moi, son visage est si proche du mien quand il me demande:

“tu veux qu’on se voit dimanche…c’est mon jour de congé”

Et bien, moi, Sarita, 25 ans, qui traîne la réputation de la fille la plus directe et la moins romantique sur terre,

Et bien, moi, j’ai rougit, comme une adolescente.

C’est bon d’avoir 15 ans, surtout quand on ne les a plus.

 

I save the world today mars 28, 2008

Classé dans : solamente coquetear — Sarita @ 12:04

Parfois, il faut juste une serviette en papier pour rétablir l’ordre juste des mérites.Bar de las Miches

Nous sommes dans mon bar préféré de Tuxtla, avec une amie mexicaine et un autre volontaire gringo.

Mon serveur préféré vient me saluer et me demande ce que je fais encore ici. Je lui répond que cet endroit me plait car il y a de la bonne musique, ma bière préféré y est bon marché et les serveurs y sont fort mignons.

Il faut dire que mon serveur préféré a une véritable gueule d’ange et il a de ces sourires enjôleurs qui vous donne envie de coquetear.

Alors que nous buvons joyeusement, un vendeur de rose passe dans la bar. Je n’y prête pas attention car c’est pas trop le genre du gringo d’offrir des fleurs.

C’est alors que Gueule d’ange arrive à notre table et m’offre, ainsi qu’à ma copine, une rose à chacune.

C’est parfait, c’est agréable, c’est fait de manière subtil et légère. C’est un enchantement de recevoir cette rose, de se laisser porter par le parfum de la fleur et par l’alcool qui vous monte à la tête, d’entendre le ronronnement rassurant de la conversation, de répondre aux sourires, d’être bercé par les rires, de chanter tous les classiques

La perfection n’étant pas de ce monde, nous rejoignent d’autre amis, accompagné d’un nouveau venu: un mexicain tout ce qu’il y a de plus arrogant, qui me montre ses vidéos avec son arme de sécurité. Le lourd dans toute sa splendeur. Il a travaillé comme serveur dans ce bar alors il est “super pote” avec Gueule d’ange. Mais Gros Lourd à besoin d’affirmer sa mâle attitude, son territoire, il jette un regard de satisfaction sur notre sa table avec toutes ces étrangères si valorisantes…

Gros lourd me drague de la pire manière et, remarquant ma rose, décide immédiatement de m’en offrir 5 !!

Alors moi j’aime les fleurs, mais j’aime surtout la manière dont on me les offre. Gros Lourd ne m’offre pas de roses, il marque son territoire, comme un vulgaire chien pissant sur un réverbère. Je ne suis qu’un trophée et ses roses me dégoutent et surtout…

Gueule d’ange fait la gueule

Gueule d’ange ne répond plus aux blagues de son “pote” Gros Lourd

Gueule d’ange ne me sourit plus

Alors dans un sursaut de rébellion, je prend ma chaise et je me déplace à l’autre bout de la table, à l’exacte opposé de Gros Lourd.

Le sourire que m’adresse Gueule d’ange en observant mon petit manège vaut toutes les récompenses.

Je me fais la promesse à moi même de dire directement à Gueule d’ange que les roses de Gros Lourd n’ont aucune importance. Mais au moment de partir, O rage O désespoir O vieillesse ennemie , Gueule d’ange est partit je ne sais où.

Je refuse de partir et de laisse croire que Gros Lourd a gagné avec ses 5 roses. Je cours au bar et sur une serviette en papier, j’écris:

“Merci Gueule d’ange, tu m’as offert ma première rose mexicaine… et les 1ères sont toujours les plus belles. Les suivantes n’ont que peu d’importance. A bientôt. Sarita”

Le barman comprend tout de suite à qui il doit remettre la serviette.

Pendant quelques secondes j’ai pensé mettre mon numéro de téléphone aussi. Mais non, cela aurait détruit le charme de la douce séduction. Je préfère cet état incertain de tous les possibles, la trivialité de la vraie rencontre viendra bien assez vite. Et puis le but premier était de rétablir un peu de justice dans ce monde. J’ai la satisfaction d’ignorer Gros Lourd et Gueule d’ange aura l’excitation de la victoire.

 

cimg4661.jpg

 

Nous sommes sur le chemin du retour et Gringo, qui dort chez moi, me lance en blaguant:

“Deux hommes ont essayé de te séduire ce soir et tu rentres avec le seul qui ne t’a pas offert de rose.
T’es vraiment pas douée comme fille”
En même temps, il est indéniable que mon choix concernant les hommes a rarement été judicieux.