On my mind avril 8, 2008
Gueule d’Ange fait un retour en force…
Les derniers jours ont été pesants à souhait, je déménage à l’autre bout de la ville, je n’ai plus d’internet… autant dire que je suis d’une humeur exécrable.
Alors, je soupire d’aise quand Gueule d’Ange m’accueille avec ses yeux rieurs et son sourir tellement naturel que-je-me-liquéfie-dès-qu-il-me-regarde.
Je le laisse me diriger comme une petite fille: il décide de la table où nous placer, il choisi ma commande. C’est parfait, je me laisse bercer, je n’ai aucune envie de prendre une décision, si insignifiante soit elle.
Je suis à ma table, mes amis tiennent le crachoire
Pour une fois, je ne parle pas
Je souris bêtement quand on me parle
Je hoche la tête
Je vis
Je sens
Je me laisse porter par la fraîcheur relative de la nuit
Je suis dans la position la plus confortable qui soit, celle d’observatrice
Je suis du regard Gueule d’Ange
Je suis fasciné par le ballet qu’il joue avec son frère, la valse des bières, des verres, le rythme des additions.
Et toujours ce sourire, il sourit à tout le monde, il répond à tout le monde, il fait la bise, il sert des mains, parfois il s’accroupit près d’une table et écoute les clients pour partir d’un immense éclat de rire puis bondit de nouveau sur ses jambes comme un pantin possédé, ajuste sa casquette et repart dans sa valse à mille temps.

(photo non contractuelle)
Dès qu’on manque de pop corn, de chips, on me pousse du coude en riant : “demande à ton novio“. Tuxtla est une petite ville et tout le monde se connait… donc je sais que Gueule d’Ange a demandé après moi les dernières fois où je n’étais pas là…
Et tout comme la dernière fois, s’approche de nous un vendeur de rose et d’autorité me place son bouquet de 5 roses devant le nez.
Par automatisme je secoue la tête
il insiste
mais j’en veux pas de ses roses moi… Gueule d’Ange m’a offert ma première rose et je n’en veux pas d’autre
Une amie lance en riant: “elle ne veut pas de roses, elle est alergique”
Tout à fait, je suis allergique, je me met à éternuer et je fais mes yeux de cocker en refusant, avec des sanglots dans la voix.
Il persiste et signe pour que je les prennent
je veux pas….
Je ne comprend pas cette insistance
Le vendeur m’explique: “mais mademoiselle, elles sont déjà payées et je dois vous les donner.”
Par un mouvement de coordination spontanée assez magnifique, la tablée entière se retourne immédiatement en direction de Gueule d’ange. Après une minute de réflexion, le pauvre vendeur se retrouve à subir LA Question… pressé de partout de dire qui me les offre.
Le pauvre bougre avoue (sans trop de résistance…) qu’il s’agit du serveur.
RE-mouvement d’ensemble de la tablée en direction de Geule d’ange avec en prime hurlements hystériques des filles…
Mais moi je ne dit toujours rien, je suis avec mes roses en main… Gueule d’ange s’approche de moi, son visage est si proche du mien quand il me demande:
“tu veux qu’on se voit dimanche…c’est mon jour de congé”
Et bien, moi, Sarita, 25 ans, qui traîne la réputation de la fille la plus directe et la moins romantique sur terre,
Et bien, moi, j’ai rougit, comme une adolescente.
C’est bon d’avoir 15 ans, surtout quand on ne les a plus.

