Natation synchronisée avril 1, 2008
Nos histoires d’amour sont les même…
Pour ceux qui n’aurait pas reconnu; il s’agit de la chanson de Vincent Delerme (ElgJyn pose ce bazooka immédiatement !! lâche le tout de suite !!).
Donc, Vincent, dans cette chanson nous fait l’éloge de deux êtres qui se découvrent similaires, ayant une histoire commune alors même qu’ils ne l’ont pas vécu ensemble…
Pourquoi cette chanson me pousse à faire un post?
Et bien, justement, parce que ce lien invisible que découvrent deux personnes dans leur passé commun est impossible à l’étranger. Je suis seule ici, seule dans ma culture, seule dans mes références, seule dans mon enfance, seul dans mon humour. Je ne peux pas me découvrir de passé commun avec quelqu’un… Par passé commun, j’entends le passé culturel commun, ce terreau dont nous ne n’avons même pas conscience et que l’on découvre que déraciné.
Bien sûr que je me trouve plein de points communs avec pleins de gens, des amitiés naissent, des affinités se créent et se nourrissent de cette différence culturelle et c’est là toute la beauté des rencontres.
Ne croyez pas que je crache dans le soupe… Je constate juste que j’ai 25 ans et que malgré moi, je ne m’adapte plus aussi facilement qu’il y a quelques années. Certains traits de ma personnalité sont définitifs et malgré moi et bien à contre coeur, je suis bien française sur certains aspects.
Le fait de n’avoir aucune référence à soi ici, nous fait perdre l’image de nous même. On se découvre à l’étranger, mais on peut s’y perdre aussi en développant une image se sois tellement différente qu’au final vous ne savez plus très bien si vous êtes vous même ou si vous jouer un rôle construit de toute pièce pour d’autres latitudes.
Mon père répète souvent cette phrase: “tous les couples sont mixtes, certains le sont juste plus que d’autre”.
Certes la différence est belle, du moment qu’on est d’accord sur le principal.
Autant ce principal est facile à trouver dans une amitié, mais dans un couple?
C’est pour cela que je souris gentiment lorsqu’on me demande si je n’ai pas encore de copain mexicain… Je ne dis pas que je n’en aurai pas. Je doute juste de la viabilité d’une telle relation. Surtout ici dans les Chiapas, région la plus reculée de la République où même les gens les plus cultivés, les plus riches n’ont parfois pas voyagé plus loin que l’état de Tabasco.
Trouver quelqu’un avec qui l’on soit vraiment bien est déjà dur mais lorsque vous rajoutez le poids culturel et le mirage de l’exotisme réciproque, vous rentrez dans une dimension trop lourde à supporter. Malgré ce que mondialisme ambiant essaye de nous faire croire, on continue d’appliquer le diction de nos ancêtres: “mari toi bien, mari toi dans ta rue“
Une amie me racontait que jamais elle ne pourait pas sortir avec un homme qui utiliserait des chaussettes avec des mocassins car cela le cataloguait dans une certaine tranche sociale. Elle concluait en soupirant qu’ayant été élevé avec les thèses de Bourdieu sur le déterministe social, elle était incapable de passer outre certains “signaux sociaux”.
Moi, j’ai été élevé par un père anthropologue et contrairement à ce que l’on peut penser, étudier une ethnie et sa culture ne mène pas du tout à adhérer aux code de cette ethnie. Comprendre les codes des autres ne signifie pas du tout qu’on puisse s’y plier.
Et dans un couple, la guerre sanglante est ouverte et celle de la possession culturelle est sûrement la plus violente.
Mais je note ces réflexions pour mieux les oublier et aller boire une douce bière servie par une Gueule d’ange

