Sarita on the Web from MeXiCo

le blog qui a la cirrhose joyeuse

Natation synchronisée avril 1, 2008

Classé dans : choc des cultures — Sarita @ 5:26

Nos histoires d’amour sont les même…

Pour ceux qui n’aurait pas reconnu; il s’agit de la chanson de Vincent Delerme (ElgJyn pose ce bazooka immédiatement !! lâche le tout de suite !!).

Donc, Vincent, dans cette chanson nous fait l’éloge de deux êtres qui se découvrent similaires, ayant une histoire commune alors même qu’ils ne l’ont pas vécu ensemble…

Pourquoi cette chanson me pousse à faire un post?

Et bien, justement, parce que ce lien invisible que découvrent deux personnes dans leur passé commun est impossible à l’étranger. Je suis seule ici, seule dans ma culture, seule dans mes références, seule dans mon enfance, seul dans mon humour. Je ne peux pas me découvrir de passé commun avec quelqu’un… Par passé commun, j’entends le passé culturel commun, ce terreau dont nous ne n’avons même pas conscience et que l’on découvre que déraciné.

Bien sûr que je me trouve plein de points communs avec pleins de gens, des amitiés naissent, des affinités se créent et se nourrissent de cette différence culturelle et c’est là toute la beauté des rencontres.

Viva mexico cabrone Huatulco

Ne croyez pas que je crache dans le soupe… Je constate juste que j’ai 25 ans et que malgré moi, je ne m’adapte plus aussi facilement qu’il y a quelques années. Certains traits de ma personnalité sont définitifs et malgré moi et bien à contre coeur, je suis bien française sur certains aspects.

Le fait de n’avoir aucune référence à soi ici, nous fait perdre l’image de nous même. On se découvre à l’étranger, mais on peut s’y perdre aussi en développant une image se sois tellement différente qu’au final vous ne savez plus très bien si vous êtes vous même ou si vous jouer un rôle construit de toute pièce pour d’autres latitudes.

Mon père répète souvent cette phrase: “tous les couples sont mixtes, certains le sont juste plus que d’autre”.

Certes la différence est belle, du moment qu’on est d’accord sur le principal.

Autant ce principal est facile à trouver dans une amitié, mais dans un couple?

C’est pour cela que je souris gentiment lorsqu’on me demande si je n’ai pas encore de copain mexicain… Je ne dis pas que je n’en aurai pas. Je doute juste de la viabilité d’une telle relation. Surtout ici dans les Chiapas, région la plus reculée de la République où même les gens les plus cultivés, les plus riches n’ont parfois pas voyagé plus loin que l’état de Tabasco.

Trouver quelqu’un avec qui l’on soit vraiment bien est déjà dur mais lorsque vous rajoutez le poids culturel et le mirage de l’exotisme réciproque, vous rentrez dans une dimension trop lourde à supporter. Malgré ce que mondialisme ambiant essaye de nous faire croire, on continue d’appliquer le diction de nos ancêtres: “mari toi bien, mari toi dans ta rue

Une amie me racontait que jamais elle ne pourait pas sortir avec un homme qui utiliserait des chaussettes avec des mocassins car cela le cataloguait dans une certaine tranche sociale. Elle concluait en soupirant qu’ayant été élevé avec les thèses de Bourdieu sur le déterministe social, elle était incapable de passer outre certains “signaux sociaux”.

Moi, j’ai été élevé par un père anthropologue et contrairement à ce que l’on peut penser, étudier une ethnie et sa culture ne mène pas du tout à adhérer aux code de cette ethnie. Comprendre les codes des autres ne signifie pas du tout qu’on puisse s’y plier.

Et dans un couple, la guerre sanglante est ouverte et celle de la possession culturelle est sûrement la plus violente.

Mais je note ces réflexions pour mieux les oublier et aller boire une douce bière servie par une Gueule d’ange :)

 

 

Ce que j’aime janvier 29, 2008

Classé dans : choc des cultures — Sarita @ 9:35
la chaleur
le déjeuner à 15h
la poussière des rues
les écoliers en uniformes
La course de taxi à 30 pesos
les cigarettes achetées à l’unité
Les bus auquels je ne comprend rien
les odeurs de maïs grillé et de tortillas
la mangue avec du pîment et du sel que l’on mange dans la rue
les enfants qui agitent leur chiffon rouge pour aider les automobilistes à se garer
écouter une conversation à l’ombre d’un palmier en comprenant un mot sur deux
qu’il soit 17h et que vous avez rdv à 16h mais que vous ne serez pas en retard
les hommes qui se font cirer les chaussures
de voir des touristes en plein désarrois
d’aider les touristes en plein désarrois
d’être loin de tout, de tous
d’être loin de chez moi
d’être chez moi
Y lo bonito, c’est aussi de ne pas aimer cette liste et de vouloir tout le contraire…Cela dépend juste du moment…
 

Le choc des cultures n’a pas eu lieu… janvier 29, 2008

Classé dans : choc des cultures, voyage intérieur — Sarita @ 1:18

Quand vous partez avec Jeunesse et Recontruction, quand vous arrivez avec Sijuve, vous avez le droit au super “breffing culturel”. C’est à dire qu’on vous prépare au choc culturel, on vous fait quasiment un lavage de cerveau pour aplanir les futures difficultées liées à l’incompréhention sociologique.

On vous fait répéter religieusement les mot “adaptation“, “préjugés européens“. On vous matraque, graphiques à l’appui, que telle semaine vous allez être ivre de joie et que quelques semaines plus tard vous serez au fond du gouffre…Les membres de l’association mexicaine vous expliquent que les mexicains sont catholiques, machistes et conservateurs… tout en affirmant (sans craindre de se contredire complètement) que si vous pensez cela, c’est que vous être bourrés de préjugés…

Mais la vérité profonde est que toute les préparations du monde ne servent à rien. Tout d’abord parce que les gens qui vous font ces préparations sont tout aussi subjectifs que vous pouvez l’être et tout aussi emprisonnés dans leur vision propre du monde… Et ce, malgré toute l’ouverture d’esprit dont chacun tente de faire preuve.

Mais la préparation s’avère alors complètement inefficace lorsque, comme moi, vous avez déjà vécu dans le pays et qu’en plus vous tombez dans une famille composée d’un mère célibataire protestante et divorcée depuis 20 ans, travaillant dans le micro crédit, qui donne des cours d’éducation sexuelle et dont les fils vous servent votre petit déjeuner…

Mais finalement le plus troublant, c’est cette impression de bien être. J’ai vécu trois ans au Mexique, je suis revenue en France pour mon CM2 et Dieu seul sait à quel point j’ai pu haïr les années suivant mon retour, mais comme tout, on s’y fait. On se fait surtout à ce que l’on déteste le plus.

Et le plus honnêtement du monde, je dois reconnaitre une chose, c’est que je n’aime pas la France et que fondamentalement je ne l’ai jamais aimée.
Elle et moi avons fini par cohabiter pacifiquement, comme deux vieux ennemis qui, de guerre lasse, se sert la main. Nous avons même fini par reconnaitre nos bon cotés et nos qualités, mais c’était plutôt un mariage de raison.

J’ai continué de grandir en France dans une maison dont chaque objet, chaque expression familiale, chaque étrangeté ne faisaient que me renvoyer au Mexique.

J’ai grandit avec el dia de los muertos, la cajeta, les azuleros, les meubles d’Olinala, les mariachis, las mananitas…

La dernière fois que j’ai été au Mexique c’était il y a 8 ans et j’y retrouvais mes premières amours…Je suis ici…

Et l’idée qui me vient à l’esprit alors que je suis assise dans le patio est la plus simple et la évidente qui soit:


“je suis enfin de retour à la maison…”

Et soudain toutes ces années en France me sont apparue comme des années d’errances, un long voyage, avant de poser enfin mes valises là où mon coeur est toujours resté.

Et contrairement à Ulysse qui, après son long voyage, a retrouvé sa terre et les siens…Ce sentiment ne fait que confirmer ce que je savais déjà depuis bien longtemps: ma destinée sera toujours de choisir entre les gens que j’aime et mon vrai pays… mais je n’aurai jamais les deux.